
Non, ce n’est pas le nom d’une danse caribéenne oubliée ! Macanudo, c’est cette marque de cigares dominicains doux à moyennement corsés, privilégiant les arômes grillés. Plutôt linéaire, leur dégustation offre à peu de choses près la même complexité et la même puissance de bout en bout. Idéal pour une parenthèse sans histoires et pour les débutants. On dit que les Macanudo correspondent au « goût américain »…
Longtemps sans domicile fixe…
La marque a beau être chouchoutée Outre-Atlantique, elle est pourtant née… à Cuba dans les années 1930 dans la même manufacture que les Punch (Macanudo signifie « raffiné » en espagnol de Cuba). Au cours des années 1940, une partie de la production a déménagé en Jamaïque, où les Macanudo sont roulés avec des feuilles locales (aux effets certes apaisants, mais je vous vois venir… La réponse est NON !) et drapés d’une cape cubaine. En 1969, la fabrique de Temple Hall, où les cigares sont manufacturés, est rachetée par la firme U.S. General Cigar. L’engouement des États-Unis, friands de modules non-cubains (embargo oblige !), est tel que le label se hisse n°1 des ventes. Depuis 2000, les Macanudo ont élu domicile en République Dominicaine, élaborés à partir de tabacs dominicains et mexicains, drapés d’une cape Connecticut. Trois gammes étaient jusqu’ici disponibles en France, la plus rare étant la série Vintage. Les séries Maduro et Café sont les plus faciles à trouver.
Bon d’accord, mais quoi de neuf, finalement ?
On y vient, on y vient. Fin septembre, début octobre, on pourra enfin découvrir en France la gamme 1968. Un an après le quarantième anniversaire des événements du joli mois de mai, c’est un peu loupé, me direz-vous. Vous n’aurez pas complétement tort (d’autant que le visuel ci-dessus joue avec les mots les chiffres), sauf qu’il s’agit, en fait, de « célébrer la date anniversaire de l’arrivée de Ramon Cifuentes chez Macanudo », nous apprend le distributeur français du label. Mais c’est qui, bon sang, ce Cifuentes ? Et bien figurez-vous qu’en lisant son nom, je le sais, certains d’entre vous se sont déjà levé, la main sur le coeur, l’oeil embué. Car notre homme n’est autre que le plus important maître de liga qu’ait compté la marque cubaine Partagas (l’homme-clé chargé de veiller sur la « recette » – la liga – de chaque cigare, un peu comme le maître de chai en Champagne s’assure de la constance des assemblages d’une année sur l’autre). Notre Bocuse du cigare, en désaccord avec le castrisme, avait en effet quitté Cuba pour offrir ses services à Macanudo en 1968.
Quatre modules « riches, sombres et inattendus » ont été créés pour l’occasion : un Rotschild (114 X 20 mm) à 6 €, un Titan (102 X 23,9 mm) à 6,50 €, un Robusto (140 X 20 mm) à 7,50 € et un Gigante à 7,50 €. Leur pedigree : tripe Nicaragua et Saint-Domingue, sous-cape Connecticut, cape Honduras. Nous ne les avons pas encore testés… Mais rendez-vous sur le Chesterfield autour du 25 septembre pour un compte-rendu.

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Voici le sens de macanudo d´après le Diccionario de la Real Academia española:
macanudo, da.
(De macana).
1. adj. coloq. Am. Bueno, magnífico, extraordinario, excelente, en sentido material y moral.
Traduction:
bon, magnifique,extraordinaire, excellent, dans le sens matériel et moral
En général: « algo macanudo » c´est quelque chose de vachement bien.
Cher (chère ?) Sopadeajo,
Sauf erreur de ma part, le nom Macanudo a été choisi pour flatter l’ego du président cubain alors en poste, quelqu’un d’assez autoritaire. Les premiers cigares de la production lui étaient destinés. Votre précision sémantique est précieuse et incontestable, cela va sans dire. Je pense néanmoins que l’on peut maintenir le mot « raffiné » (qui à mes yeux, dans ce contexte précis, ne contredit pas les termes « bon », « magnifique », « excellent »), puisqu’il s’agit, encore une fois, de faire les yeux doux au plus haut fonctionnaire de l’Etat en le faisant passer pour un connaisseur.
je suis cher,
On peut en effet accepter le terme « raffiné » quand on parle d´un bon cogarre ou pour combler l´égo d´un président ou de ceux qui le fument ; mais en fait, et bien que le terme est peu employé en Ibérie, puisque c´est un américanisme (un terme né en Amérique (latine)), le sens est plus proche de « vachement bon » en général que de l´idée de raffinement ou d´exclusivité. Mais je ne doute point que le cigarre soit très raffiné ou très exclusif ou les deux à la fois.Dommage que j´ai arrêté de fumer.
macana1.
(De or. americano , y este de or. inc.).
1. f. Bol., Col. y Ec. Especie de chal o manteleta, de algodón fino, propio del vestido de la chola.
macana2.
(Voz caribe).
1. f. Artículo de comercio que por su deterioro o falta de novedad queda sin fácil salida.
2. f. Arma ofensiva, a manera de machete o de porra, hecha con madera dura y a veces con filo de pedernal, que usaban los indios americanos.
3. f. Am. Garrote grueso de madera dura y pesada.
4. f. Arg., Perú y Ur. Hecho o situación que produce incomodidad o disgusto.
5. f. coloq. Arg., Bol., Par., Perú y Ur. Mentira, desatino.
6. f. C. Rica, El Salv., Hond. y Nic. Instrumento de labranza consistente en un palo largo con punta o un hierro en uno de los extremos, que sirve para ahoyar.
7. f. Hond. Chanza, broma.
8. f. Nic. Pala de paleta plana y mango largo.
9. f. pl. coloq. C. Rica. Dientes de una persona.
qué ~.
1. loc. interj. Arg., Bol., Perú y Ur. U. para expresar contrariedad.
Remarquons quand à l´origine « macana » de « macanudo » que la définition 1 donne certainment une idée de luxe: châle de coton fin que portaient les métisses; mais que la définition 5: mensonge; est bien plus éloignée de l´idée de raffinement.
Il peut donc y avoir un double sens:
raffinement et/ou luxe et/ou qualité + mensonge
La richesse des langues….