« Pigalle, la nuit » : en apnée sous les néons

Depuis quelques saisons déjà, Canal + bichonne sa case « fictions maisons ». Après l’ultra-violent Braquo, piloté par l’ex-flic Olivier Marchal, la chaîne cryptée a laissé en place les néons blafards, les gueules grises mal rasées et les petits matins aux Pigallejambes cotonneuses. Nous voici en plein Pigalle. Deux clans vont s’y déclarer la guerre. D’un côté, Nadir Zainoun (Simon Abkarian), un wannabe caïd, faux dur mais vrai coeur d’artichaut, proche de ses filles. L’homme est à la tête du Sexodrome, un immense sex-shop truffé de cabines vidéo et de boxes de peep-show au milieu desquels des danseuses s’agitent nuit et jour. Le business tourne. Nadir parade avec ses manteaux à col fourrure et s’allume des Bolivar. Le jour où Dimitri (Eric Ruf), un jeune entrepreneur aux faux airs de Poutine, s’installe juste en face avec sa boîte clean et branchée – débauchant au passage des filles du Sexodrome – l’échiquier de Pigalle s’ébranle, à l’aube d’un réglement de comptes sanglant… Ce duel va se jouer sur fond de disparition : Emma (Armelle Deutsch), danseuse chez Dimitri, s’évapore mystérieusement le soir de l’inauguration de la boîte, sous les yeux de son frère (Jalil Lespert), qui ne l’avait pas revue depuis deux ans… Où est-elle ? Laquelle des deux factions le mettra sur la piste ?

Et donc, ça vaut quoi ?

C’est du bon. L’ambiance est glauque, les personnages attachants (mention spéciale à Simon Abkarian, réjouissante épine dorsale de la série, profil bien plus épais et lumineux que Lespert, le héros beau gosse annoncé). L’intrigue met un peu de temps à démarrer (deux épisodes, le temps d’installer les personnages, les clans) mais maintient un suspense constant, aux accents parfois lynchiens (les apparitions énigmatiques et fiévreuses du saxophoniste Archie Shepp, qui ne prennent leur sens que dans les toutes dernières scènes). Sans mauvais jeu de mot, pas de sexe gratuit dans ce Pigalle. Les réalisateurs visent davantage la psychologie des personnages que leur plastique (vous voilà prévenus). C’est à partir de ce soir.

Nadir-Cigare

Pigalle, la nuit, 8 X 52 min., d’Hervé Hadmar et Marc Herpoux, avec Jalil Lespert, Simon Abkarian, Armelle Deutsch, Eric Ruf, Sara Martins, Catherine Mouchet…

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4 Responses to « Pigalle, la nuit » : en apnée sous les néons

  1. Matthieu Frachon says:

    J’ai regardé hier soir les deux premiers épisodes et j’avoue avoir été bien bluffé : jeu impeccable, des seconds rôles très bien inspirés…Je vais suivre cette série avec intérêt…
    Guillaume, seras tu à la Civette mercredi soir ?
    Amitiés
    Matthieu

  2. szym&me says:

    Comme Mathieu, j’ai suivi les 2 premiers épisodes, je pensais décroché très vite, mais non, je suis resté, jusqu’à la fin … enfin presque.

  3. je me disais bien que j’avais reconnu le Bolivar…

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