Monsieur Cohiba est mort

LaraEn ouvrant hier soir l’excellent magazine European Cigar Cult Journal, j’ai appris avec un bon train de retard la mort d’Avelino Lara, le 27 octobre dernier à La Havane, à l’âge de 88 ans. Directeur de la fabrique El Laguito (établie dans une villa cossue du quartier de Miramar et exclusivement destinée au roulage des Cohiba, label né en 1968) durant un quart de siècle, créateur de la marque Trinidad et auteur des ligas des premiers Davidoff, il avait pris sa retraite en 1994. Deux ans plus tard, il était contacté par un certain Enrico Garzaroli, gérant d’un hôtel de luxe aux Bahamas, qui tentait sans succès d’exporter vers les Etats-Unis ses cigares roulés sur place, les Graycliff. Garzaroli entendait bien sûr crédibiliser sa marque en « débauchant » le grand maître du havane… Qui accepta ! Avelino Lara débarqua donc à Nassau, négocia l’arrivée de matériel et de torcedores importés de son île natale (dont son propre fils, Abel), et révisa les assemblages, issus de feuilles de tabacs des terroirs majeurs (excepté Cuba) : Saint-Domingue, Honduras, Nicaragua, Equateur, Brésil… Bref, un cigare sans tabac des Bahamas, puisqu’il n’en pousse pas sur l’archipel. Cette retraite dorée pèsera au final bien peu dans les faits d’armes de Lara, notamment parce que les Graycliff ne sont pas de grands cigares… Il restera l’homme qui hissa les puros de la réserve personnelle de Fidel Castro, réservés au Lider Maximo et aux cadeaux diplomatiques, parmi les marques de cigares les plus populaires du monde.

Cohiba

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2 Responses to Monsieur Cohiba est mort

  1. Erwan says:

    Je ne savais pas que le Monsieur avait fini sa carrière chez Graycliff, censé être le Cohiba des Bahamas…
    Un camarade commun, Peintre, les a goûté et abonde dans ton sens : des cigares de bonne réputation qui ne sont pas forcément à la hauteur des propos flatteurs tenus à leur endroit…

  2. admin says:

    Salut Erwan,
    En effet, le distributeur français, Sandro Stroili d’Eurotab, a d’ailleurs cessé de les importer. En revanche, l’hôtel luxueux existe toujours, ainsi que le petit atelier de roulage. Il paraît que la cave à vins et à alcools de l’établissement est énormissime. Vu le temps aujourd’hui, j’ai comme une envie d’aller fouler le sable blanc et de me poser avec un cocktail… (mais avec mes propres cigares en poche)…

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