Le Navarre, seul cigare 100% français, va-t-il s’éteindre ?

Navarre-bagueJoint au téléphone il y a quelques semaines, Noël Labourdette, gérant du Comptoir des Gaves et de l’Adour, ne m’avait pas caché son pessimisme. Le Navarre, le cigare élevé et roulé à Navarrenx (Pyrénées-Atlantiques), était en sursis depuis des mois : « On cherche la solution… J’aimerais pouvoir conserver le stock », observait Labourdette, juste avant de présenter ses cigares à un club de Rennes. Cette semaine, le tribunal de commerce de Pau a prononcé la liquidation judiciaire de la société. Le stock est donc pour le moment gelé. Sur Internet, la mobilisation a commencé, via Le Post. Parmi les propositions d’actions médiatiques, certains souhaitent offrir à Nicolas Sarkozy (que l’on sait amateur de havanes) une boîtes de Navarre robustos pour qu’il en parle autour de lui… Admettons.

Je suis allé passer une journée à Navarrenx, en 2008. J’ai été impressionné par les connaissances historiques et techniques de Noël Labourdette en matière de tabac. Sans mauvais jeu de mot, il n’avait que ça à la bouche (à tel point que nous n’avons même pas pris le temps de déguster un de ses cigares de toute l’après-midi mais peu importe). Il y avait beaucoup plus que du pur marketing dans son projet de cigare bleu blanc rouge. Il était allé choisir lui-même la variété de tabac à l’Institut de Bergerac. Côté papilles, le Navarre n’est d’ailleurs pas mauvais. L’édition limitée du robusto m’avait vraiment séduit. Moelleux, cacaoté… Du beau boulot. Meilleur que le robusto classique du label. Supérieur à bien d’autres cigares en vente dans les civettes. Mais… Il y a dans l’histoire du Navarre un grand « mais ». Il coûte aussi cher qu’un cigare cubain de format identique (une douzaine d’euros). Il coûte près de deux fois plus cher que certains modules honduriens ou nicaraguayens de même taille. Ce détail n’en était pas un pour la majorité des amateurs français, ainsi que pour les débitants de tabac qui, hors du Sud-Ouest, n’ont pas tous fait preuve d’un grand entrain pour mettre ce cigare en avant…

Comment, dès lors, survivre au milieu de terroirs présumés plus légitimes, même si l’on sait que dès Catherine de Médicis, on cultivait le tabac en France ? Comment vendre un cigare pour ses qualités « françaises » alors que c’est un produit généralement recherché pour son exotisme, sa promesse de moiteur caraïbe ? Est-il commercialement possible de lutter lorsque des terroirs remarquables comme le Nicaragua parviennent à bluffer de plus en plus d’amateurs ? Je n’ai pas de réponse, ni de solution à proposer. Encore moins de slogan cocardier, l’écharpe de maire en bandoulière pour hurler à la disparition des « valeurs » (?), ce n’est pas mon truc. Ce dont je suis sûr, c’est qu’on ne peut pas reprocher à Noël Labourdette et à sa femme d’y avoir cru à ce point. J’ai consacré dans mon livre une page entière au Navarre et j’en suis fier. La seule chose que je puisse faire est souligner à nouveau la pugnacité et la passion du tandem. Je serai peiné de voir l’aventure Navarre s’arrêter là, comme il est toujours triste de mettre un point final à une belle histoire.

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Ci-dessus : Noël Labourdette au printemps 2008, dans la serre abritant les semis de plants de tabac (Photo : G. Tesson).

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6 Responses to Le Navarre, seul cigare 100% français, va-t-il s’éteindre ?

  1. Erwan says:

    C’ est dommage pour l’ homme sûrement passionné, mais je crains que peu d’ amateurs regrettent la disparition du Navarre… J’ en ai fumé 3 : le Robusto, le Short Robusto « classique » et le Short Robusto Edition Limitée, tous les trois furent assez médiocres en terme de goût.

    On en discute sur le forum de P1P2C, je connais le Club à qui Mr Labourdette est allé faire connaitre ses cigares mais presqu’ aucune civette à Rennes n’ en a vendu passé l’ effet de surprise la première fois où ils sont apparus sur le marché. Le retour etait invariablement le même : pas terrible, trop cher, les boites ne se vendent pas.

    Je n’ ai jamais été sensible à l’ argument national, et peu m’ importe que le cigare soit français, italien, cubain, dominicain, hondurien, philippin ou nicaraguayen pour peu qu’ il soit bon… Les cubains ont (trop) longtemps détenu un monopole de fait qui n’ existe pas dans les autres pays européens, les mentalités évoluent, on peut déjà s’ en réjouir.

    Reste à savoir si El Septimo, à mon goût assez proche en terme de rapport qualité/prix de Navarre, réussira son pari mais il est vrai que ses origines exotiques sont peut-être un avantage par rapport à la marque de Navarrenx…

  2. Juan Lespins says:

    On ne peux pas tout faire…. le cigare culturellement est de Caraïbes. Catherine de Medicis plantait de tabac « à sniffer » et petit cigarrillos pas pour le cigare…
    il est aussi absurde de faire des cigares en France que du Champagne à Saint Do ou Cuba…
    Par fois le marketing n’est pas une solution à tous les maux du marchè…
    Concernant le stock surment qu’il ne peut pas être vendu car les douanes ont du mettre la main dessus…
    Pastelero a tus pasteles….

  3. Juan Lespins says:

    On ne peux pas tout faire…. le cigare culturellement est de Caraïbes. Catherine de Medicis plantait du tabac « à sniffer » et petit cigarrillos pas pour le cigare…
    il est aussi absurde de faire des cigares en France que du Champagne à Saint Do ou Cuba…
    Par fois le marketing n’est pas une solution à tous les maux du marchè…
    Concernant le stock surment qu’il ne peut pas être vendu car les douanes ont du mettre la main dessus…
    Pastelero a tus pasteles….

  4. periz says:

    bonjour ou peut on trouver vos cigare car je suis un amateur merci d avance et bonne fete

  5. frontere says:

    Le Navarre est renait de ces cendres et connait le succés.Pour le trouver appeler le 0559665196

  6. Navarre says:

    Vous pouvez désormais retrouver l’actualité du Navarre sur http://cigare-navarre.com

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