Fidel Castro lâche Adidas pour Nike, messes basses, conciliabules et soutanes… Dernières nouvelles de Cuba

Non, le Chesterfield Project n’est pas (plus) en vacances ! L’été sera même propice à quelques salves liées au cigare, aux livres et à d’autres sources de réjouissances. On attaque avec un cadeau de mon ami Una Liutkus, de L’Amateur de Cigare. Fin connaisseur de Cuba, il y a longtemps vécu, travaillé, il y a même rencontré Fidel Castro au tout début des années 1960 en compagnie d’un camarade de fac nommé Bernard Kouchner. Rares sont les personnes que je connaisse ayant eu le privilège de discuter à bâtons rompus avec le Lider Maximo plusieurs nuits d’affilée, lors des premières années de la Révolution… Una en fait partie. Je ne me prive jamais de son regard sur l’actualité cubaine. Voici son dernier récit, dont la version courte vient d’être publiée sur Rue89. Pour vous, hop, c’est la version non coupée (moins longue qu’un discours de Fidel, je vous rassure…).

« Après un mois de petits pas, de rencontres et de voyages plutôt inattendus vers La Havane (le nombre de voyages de porteurs de soutanes est vraiment  impressionnant !), c’est Fidel qui réapparait en public au Centre de recherches du CENIC mercredi 7 juillet à La Havane au lendemain de la publication d’un nouveau papier apocalyptique sur le très proche déclenchement d’une offensive  militaire des USA et Israël contre l’Iran. Un Fidel (qui a changé de sponsor ; c’est maintenant Nike et plus Adidas) un peu voûté certes mais sans doute intellectuellement très actif.  Une curiosité : même si le texte de ses Reflexions est publié dans le quotidien Granma, depuis un mois, le site du Granma n’offre plus comme auparavant l’accès direct depuis la Une à la séquence des Réflexions passées ni à leur traduction en six langues de l’arabe au français…et au russe…

Le premier visiteur est un français, le « Ministre de Affaires étrangères du Vatican » Monseigneur Dominique Mamberti qui va passer une semaine à La Havane mi-juin. Il participe à un colloque de l’Eglise sur la société cubaine, dicte une Conférence dans le grand amphi de l’Université et  il est reçu par Raul Castro. Aussitôt après, c’est le Cardinal de Chicago Francis George qui vient pour deux  jours le 23 juin  et qui emmène avec lui à Washington le Cardinal cubain Jaime Ortega pour des rencontres « privées » dont rien ne filtre…

Le 1 juillet, c’est l’anniversaire du retour à Cuba du petit Eliancito… qui vient de rentrer dans une Ecole militaire (et devenu membre de la jeunesse communiste). Vous vous souvenez des énormes manifs organisées quotidiennement à La Havane ? Eh bien, l’agence Prensa Latina  annonce que pour les dix ans de son retour à La Havane, Elian est allé à la messe (culte évangéliste) avec Raul Castro à ses cotés,  rendre grâce à Dieu !

Le 4 Juillet à Cracovie où il est allé recevoir le Prix Geremek, le Père José Conrado, curé de la Cathédrale de Santiago de Cuba, qui s’est fait connaître en écrivant à l’automne 2009 à Raul Castro  une lettre très dramatique sur la  situation de crise morale et économique de Cuba a déclaré à l’AFP qu’il était très confiant dans la solution positive apportée par les nouvelles et excellentes relations entre l’Eglise cubaine et le gouvernement.

Lundi 5 Juillet, c’est au tour du Ministre espagnol des Affaires étrangères Angel Moratinos qui arrive à La Havane. Il se réunit avec le Ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodriguez, puis avec le Cardinal cubain Ortega… Enfin une grande réunion les réunit tous jeudi 6 avec Raul Castro dont de nombreuses photos sont diffusées montrant un atmosphère amicale…. L’agence officielle Prensa Latina publie un long communiqué de l’Archevêché annonçant la très prochaine libération de 52 prisonniers.  Ce texte est repris le lendemain jeudi 8 juillet dans le  Granma. Le gréviste de la faim Guillermo Farinas annonce le vendredi 9 qu’il l’arrête « car il voit un résultat positif inespéré ».

Des répliques aux USA ?

Pendant ce temps là, de l’autre côté du détroit de Floride, on ne chôme pas ! Et on peut observer des échos des mouvements de Cuba.  Le mercredi 30 juin une Commission mixte du Congrès américain vote une résolution proposant encore une fois l’autorisation pour les citoyens américains de voyager à Cuba et une levée graduelle des mesures interdisant  les importations de produits américains. Quatre tentatives du même type ont été repoussées au cours des années passées sous la pression des émigrés anticastristes et de la droite américaine. Cette fois-ci la proposition est soutenue par la puissante Chambre de Commerce américaine, l’Association des agences de voyages et de nombreuses associations de producteurs agricoles et industriels américains très intéressés par l’ouverture d’un marché si proche. Ce n’est pas gagné, mais le Président Obama peut aider…. Silence total pour le moment.

Un petit détail pourrait ajouter une bonne raison à l’ouverture…  La compagnie d’Etat cubaine Cupet a annoncé fin juin (en plein drame BP !) qu’elle allait commencer avant la fin de l’année 2010 une campagne de perforations en vue de lancer la production de pétrole  dans les eaux cubaines du détroit de Floride (à 90 km au sud de Key West !). Les précédentes campagnes de recherche de 1997 et 2003 ont prouvé des réserves énormes (22 000 milliards de barils : plus que tous les émirats ensemble) sous les eaux cubaines. Mais c’est profond (3 à 4000 mètres et donc cher à pomper ! Tant que le prix monte –et pourquoi s’arrêterait-il- ? Pas de souci ! Une gigantesque  plate forme adaptée aux eaux tropicales et aux risques cycloniques est en train d’être terminée dans un chantier chinois et les  opérateurs sont la compagnie espagnole Repsol et la norvégienne Statoil, la plus spécialisée au monde dans les perforations en eau profonde. Huit parmi les plus importantes compagnies mondiales ont d’ores et déjà signé des blocs de recherche dans les eaux cubaines : chinois, russe, indien, brésilien… Il ne manque donc que les américains ! Le 30 juin, le Wall Street  Journal annonce la nouvelle, demande une levée urgente de l’embargo sur  l’équipement  pétrolier  que les entreprises américaines peuvent fournir et rappelle l’importante capacité de raffinage est disponible sur place aux Etats-Unis.  A quelques milles du futur pétrole extrait !

Le 2 juillet à Cadaquès, l’ex président Jimmy Carter reçoit le Prix Catalogne couronnant les efforts pour le développement de la culture et la Paix. Jimmy Carter dans son discours demande au président Obama un geste pour la libération des cinq agents cubains (infiltrés dans les organisations anticastristes et non dans des activités « anti-américaines) en prison aux USA et la reprise des relations économiques et diplomatiques normales entre les deux pays.

Quels résultats ?  Tout dépend de l’endroit où on se situe !

A  Cuba, tous ces événements  sont-ils importants ? A la suite de l’annonce de la libération des 52 membres de son groupe encore en prison, dans une interview publiée aujourd’hui 11 juillet dans El Pais, Hector Palacios l’un des leaders du groupe des 75 condamnés à des années de prison à la suite des arrestations du printemps 2003, déclare que  «c’est le geste le plus sérieux du gouvernement cubain depuis 50 ans ». Hector Palacios avait été libéré pour des raisons de santé en 2007 et après six mois de soins en Espagne, depuis mi 2008 il est retourné dans son pays où il continue à militer. Il conclut qu’il s’agit là d’un premier pas pour désembourber « las cosas » et qu’un processus commence…

Il est certain que le rôle des Eglises est souligné par la publication dans la presse officielle de tous ces communiqués annonçant la libération de prisonniers.  Une précision importante du Cardinal Ortega : il ne s’agit pas d’expulsions du territoire, les prisonniers libérés qui veulent rester à Cuba le peuvent. Ceux qui partiront (pour le moment c’est vers l’Espagne) pourront revenir et ils ne perdent ni leurs droits, ni leurs biens de famille, logement etc… le Cardinal ajoute que l’Eglise est garante du droit au retour au pays.

La situation économique du pays est dramatique. Selon les chiffres donnés par Raul Castro en personne, en 2009 les investissements ont diminué de 26%, les exportations de 23% et les importations de 37%. Cela, alors que, chiffre officiel, Cuba doit importer 70% de son alimentation. Et sur place, la réalité est que Cuba ne produit pas grand-chose et que le système ne marche pas. Ces dernières semaines le quotidien du PC cubain, le Granma, a publié des reportages ahurissants. La production de sucre qui était aux alentours de 5 à 6 millions de tonnes est tombée à moins d’un million en 2009 et le journal écrit que seul 10% du personnel rattaché à la production de sucre travaille… Même situation dans la construction : les matériaux sont pillés et revendus au marché noir et les chantiers accumulent  retards inouïs et malfaçons…

Le Granma du samedi 10 juillet publie à la Une  un extrait d’un discours de  Fidel Castro daté du 30 juin 1963 !  Le titre est «Si on ne s’organise pas comme  il faut,  le héros va travailler pour le flemmard ! » C’était dit par Fidel il y a près de 50 ans, çà reste vrai, et rien ne se passe !

C’est important, il faut rappeler que  Cuba est  l’objet depuis 50 ans d’un embargo commercial américain qui, s’il n’empêche pas de trouver sur place certains produits américains, les  renchéri de façon très importante.  Si on trouve du Coca-Cola, le plus grave pour la population et  l’économie est l’impossibilité de l’accès aux médicaments, aux matériels de construction, aux produits technologiques etc… Sans compter les dépenses militaires induites par la tension entre les deux pays.

Enfin, n’oublions pas les cyclones qui en automne 2007 ont provoqué des dégâts énormes évalués à plus de 10 milliards de dollars qui ont fait rétrocéder gravement l’économie cubaine qui commençait a être autonome par rapport à son ancienne dépendance envers  l’URSS.

Vis-à-vis de l’Union Européenne,  la libération des premiers 17  prisonniers et l’annonce de la libération des autres est un grand pas qui devrait permettre la reprise de relations normales dans le domaine des échanges commerciaux et culturels bloquées depuis plus de trois ans. Il ne faut pas se tromper : le résultat est très important sur le plan humanitaire, mais pas politique !  Là on ne voit pas du tout d’ouverture politique : Raul Castro ne montre pas de faiblesses et ne fait aucune concession !

En ce qui concerne les Etats-Unis, il faut toujours avoir à l’esprit qu’il ne s’agit pas d’une crise ponctuelle et que le conflit dure depuis 112 ans, lorsque le Congrès américain a décidé d’intervenir à Cuba pour « aider »   les créoles de Cuba, les mambis, à se libérer de la mère patrie espagnole.  Depuis ce temps là, le drapeau américain flotte sur la base de Guantanamo et pour tous les américains sans exception pendant des générations, les relations avec Cuba ont toujours été une sorte d’affaire intérieure. La crise actuelle est peut-être (soyons positifs !)  l’occasion de parvenir enfin à des relations de voisinage normales. Il est évident qu’il est de l’intérêt des économies des deux pays de développer leurs échanges dans tous les domaines depuis les services et le tourisme ou l’achat de pétrole  jusqu’à l’importation et l’exportation dans les deux sens d’une myriade de produits.

La question unique qui se pose est de savoir si les USA peuvent enfin accepter d’avoir à leur balcon caraïbe une petite nation qui réclame le droit de vivre comme elle l’entend sans interventions ni conseils éclairés… Au passage notons que le dialogue Pouvoir / Eglise est vécu comme une discussion respectueuse entre cubains !  Les USA sont-ils capables de laisser les cubains décider entre eux de comment doit être organisé leur pays ?  En 2010 le classique discours des USA qui donnent l’exemple de la démocratie et de la bonne gestion de l’économie est-il encore acceptable ?  Ce discours est-il le même vis-à-vis de l’Arabie saoudite ou autres…?

Prenons le cas du Vietnam ! Plus de 25 ans après une guerre qui a fait 60 000 morts du coté américain et des millions de vietnamiens, les relations diplomatiques et commerciales sont au beau fixe ! Entendez-vous Hillary Clinton se mêler de la politique intérieure du pays ?

Du côté cubain, c’est très simple : il y a très régulièrement des déclarations qui rappellent que tout est négociable sauf la souveraineté nationale : Cuba ni se rinde ni se vende ! »

(c) Una Liutkus   11 juillet 2010

English version :

No, the Chesterfield Project is not (more) on holidays! The summer will be very conducive to a few rounds related to cigars, books and other sources of rejoicing. Let’s begin with a gift from my friend Una Liutkus, from the magazine L’Amateur de Cigare. A connoisseur of Cuba, long ago lived, worked there. He even met Fidel Castro in the early 1960s in the company of a fellow named Bernard Kouchner. Few people I know had the privilege to discuss with the Lider Maximo several nights in a row during the first years of the Revolution … Una is one of them. I never deprive myself of its view of the Cuban news. Here’s his latest story, the short version has been published on the website Rue89. For you, here is the uncut version (shorter than a speech by Fidel, trust me…).

« After a month of small steps, meetings and travel to Havana rather unexpected (the number of trips carrying cassocks is really impressive!), It is Fidel who reappeared in public in the Research Centre of CENIC Wednesday, July 7 in Havana after the publication of a new paper on the very near apocalyptic outbreak of a military offensive by U.S. and Israel against Iran. A Fidel (which changed its sponsor, Nike is now more Adidas) although a little bent but probably intellectually active. A curiosity: even if the text of the Reflections is published in the newspaper Granma, last month, the site of Granma no longer as before direct access from the A to the sequence of thoughts or past their translation into six of languages from Arabic to French and Russian … …

The first visitor is French, the « Minister of Foreign Affairs of the Vatican Monsignor Dominique Mamberti who will spend a week in Havana in mid-June He participated in a symposium of the Church on Cuban society, dictates a Conference in the great auditorium of the University and is received by Raul Castro. Immediately afterwards, the Cardinal Francis George of Chicago for just two days June 23 and took with him in Washington the Cuban Cardinal Jaime Ortega meetings « private » filter which nothing …

On 1 July, the anniversary of the return to Cuba of small Eliancito … which just entered into a military school (and joined the Communist Youth). Remember those huge protests organized daily in Havana? Well, the Prensa Latina news agency announced that during the ten years of his return to Havana, Elian went to church (worship evangelist) with Raul Castro at his side, thank God!

On July 4 in Krakow where he went to receive the award Geremek, Father José Conrado, pastor of the Cathedral of Santiago de Cuba, which became known in writing to the fall of 2009 a letter to Raul Castro on the very dramatic situation of moral and economic crisis in Cuba told AFP he was very confident of the positive solution provided by new and excellent relations between the Church and the Cuban government.

Monday, July 5, it is the turn of the Spanish Foreign Minister Angel Moratinos, who arrived in Havana. It met with Cuban Foreign Minister Bruno Rodriguez, then with the Cuban Cardinal Ortega … Finally a great meeting on Thursday 6 meets with Raul Castro, many of which are broadcast pictures showing a friendly atmosphere. … The official news agency Prensa Latina publishes a lengthy statement of the Archdiocese announcing the imminent release of 52 prisoners. This text is taken the day Thursday, July 8 in Granma. The hunger striker Guillermo Farinas announced on Friday that nine stops « because he sees an unexpected positive outcome.

Replicas in the U.S.?

Meanwhile, across the Straits of Florida, not idle! And you can see echoes of movements in Cuba. Wednesday, June 30 The Joint Commission of the U.S. Congress passed a resolution proposing again permission for U.S. citizens traveling to Cuba and a gradual lifting of measures banning imports of American products. Four attempts were rejected similar to past years under the pressure of anti-Castro emigres and the American right. This time the proposal was backed by the powerful U.S. Chamber of Commerce, the Association of travel agencies and numerous associations of farmers and U.S. industry keen interest in opening a market so close. This is not won, but President Obama can help …. Total silence for the moment.

A small detail could add a good reason to open … The Cuban state company Cupet announced in late June (BP drama full!) It would start before the end of 2010 a campaign to puncture to production of oil in Cuban waters of the Straits of Florida (90 km south of Key West!). Previous research campaigns of 1997 and 2003 showed huge reserves (22,000 billion barrels: more than all the emirates together) in Cuban waters. But it is deep (3-4000 m and therefore expensive to pump! As long as the price goes up-and-why stop there? No worries! A huge platform adapted to tropical and hurricane risk is now to be completed in a Chinese shipyard operators and the Spanish company Repsol and Statoil, the largest in the world specializing in deep water holes. Eight of the largest global companies have already signed blocks research in Cuban waters: Chinese, Russian, Indian, Brazilian … There is, therefore, that the U.S. « On 30 June, the Wall Street Journal announces new, urgent calls for lifting the embargo on petroleum equipment that companies U.S. can provide and remember the important refining capacity is available on site in the United States. A few miles from future oil extracted!

On July 2 in Cadaqués, former President Jimmy Carter is awarded the Catalonia crowning the development efforts of Culture and Peace. Jimmy Carter in his speech called on President Obama a gesture for the release of five Cuban agents (infiltrated anti-Castro organizations in activities and not « anti-American) in prison in the U.S. and the resumption of normal diplomatic and economic relations between the two countries.

What results? It depends on where it is!

In Cuba, all these events are important? Following the announcement of the release of 52 members of his group still in prison today in an interview published July 11 in El Pais, Hector Palacios, a leader of the group of 75 sentenced to years in prison following the arrests of spring 2003, declares that « it is the single most serious of the Cuban government for 50 years. » Hector Palacios had been released for health reasons in 2007 after six months of treatment in Spain, from mid 2008 he returned to his country where he continues to campaign. He concludes that this is a first step bogged « las cosas » and that a process begins …

Certainly the role of churches is underscored by the publication in the official newspapers of all these releases announcing the release of prisoners. An important clarification of Cardinal Ortega: It is not expelled in the territory, the released prisoners who want to stay in Cuba can. Those who leave (for the moment is to Spain) will return and they do not lose their rights or their family possessions, housing, etc … The Cardinal added that the Church is the guarantee of the right to return home.

The economic situation is dire. According to figures provided by Raul Castro in person, in 2009 investments declined by 26%, 23% of exports and imports by 37%. This, while official figures, Cuba must import 70% of its diet. And there, the reality is that Cuba does not produce much, and that the system does not work. In recent weeks the Cuban Communist Party daily, Granma, published reports staggering. Sugar production was around 5 to 6 million tons had fallen to less than one million in 2009 and the newspaper writes that only 10% of staff attached to the production of sugar works … Same situation in the construction: materials were looted and sold on the black market sites accumulate unprecedented delays and poor workmanship …

Granma published the Saturday, July 10 to a an excerpt from a speech by Fidel Castro, dated June 30, 1963! The title is « If we do not organize it properly, the hero goes to work for the lazy! This was said by Fidel ago nearly 50 years, here is true and nothing happens!

It is important, we must remember that Cuba is the subject for 50 years of a U.S. embargo, which if does not find some place on American products, the price increase dramatically. If there is Coca-Cola, the most serious threat to the population and the economy is unable to access to medicines, building materials, technology products etc. … Not counting military spending induced by the tension between countries.

Finally, do not forget the fall 2007 hurricanes that have caused enormous damage estimated at more than 10 billion dollars have been seriously surrender the Cuban economy began to be autonomous from its former dependence on the USSR.

Vis-à-vis the European Union, the first release of 17 prisoners and the announcement of the release of others is a great step which should allow the resumption of normal relations in the field of trade and cultural blocked for more than three years. Do not be deceived: the result is very important in humanitarian terms, but not politics! Here we do not see any political opening of Raul Castro shows no weaknesses and makes no concessions!

Regarding the United States should always bear in mind that this is not a crisis point and that the conflict has lasted 112 years, when the U.S. Congress decided to intervene in Cuba to « assist » the Creoles of Cuba, mambises, to liberate the motherland Spain. Since that time, the American flag flying over Guantanamo Bay and to all Americans for generations without exception, relations with Cuba have always been a kind of affair. The current crisis is perhaps (let us be positive!) The opportunity to finally reach normal neighborly relations. Clearly it is in the interest of the economies of both countries to expand trade in everything from tourism and services or purchase of oil to import and export in both directions a myriad of products.

The single question that arises is whether the U.S. can finally accept to their balcony a small Caribbean nation claims the right to live as she sees fit without intervention, or advice … By the way note that the dialogue Power / Church is experienced as a respectful discussion between Cuban! The USA are they able to let the Cubans decide among themselves how their country should be organized? In 2010 the classic speeches of the U.S. that give the example of democracy and good economic management is it still acceptable? This speech is it the same vis-à-vis Saudi Arabia or other …?

Take the case of Vietnam! More than 25 years following a war that has killed 60,000 on the American side and millions of Vietnamese, diplomatic relations and trade are looking good! Do you hear Hillary Clinton meddle in domestic politics?

On the Cuban side is very simple: there are very regular statements are a reminder that everything is negotiable except sovereignty: neither Cuba nor rinde sells!  »

(C) Una Liutkus July 11, 2010


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