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	<title>Guillaume Tesson. Un blog. &#187; Feu à volonté !</title>
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	<description>Signaux de fumée et dérives partagées.</description>
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		<title>L&#8217;impossibilité Dunhill</title>
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		<pubDate>Sun, 27 Nov 2011 11:02:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Nous ne sommes pas près de retrouver en France le goût de ces cigares mythiques nés à Cuba dans les années 1980. Ils survivent aujourd’hui entre la nostalgie de ceux qui les ont vénéré hier et l’hypocrisie des détenteurs de la marque aujourd’hui. Explications, que les lecteurs de <em>L&#8217;Amateur de Cigare</em> ont déjà pu lire dans la version papier du magazine.</strong></p>
<p><a href="http://www.guillaume-tesson.com/wp-content/uploads/2011/11/alfreddunhillh1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-846" title="alfreddunhillh" src="http://www.guillaume-tesson.com/wp-content/uploads/2011/11/alfreddunhillh1.jpg" alt="" width="200" height="341" /></a> Au départ, nous avions rédigé un e-mail des plus classique : <em>« Bonjour, je suis journaliste à L’Amateur de Cigare. Je prépare un sujet sur les cigares Dunhill, qui ont connu leur heure de gloire lorsqu’ils étaient roulés à Cuba et sont désormais fabriqués au Nicaragua. Etant donné que la marque vous appartient aujourd’hui, je voulais savoir si nous pouvions en discuter ensemble et savoir pourquoi ce label n’est plus disponible en France »</em>. Depuis Londres, une réponse ne tarde pas à arriver dans notre messagerie. Elle émane d’un cadre haut placé de British American Tobacco, le groupe qui possède les droits des dérivés du tabac pour Dunhill. Jusqu’ici, tout va bien&#8230;</p>
<p>(à gauche : Alfred Dunhill)</p>
<p><span id="more-841"></span></p>
<p>Sauf que le ton est beaucoup, mais alors beaucoup moins informel que le nôtre : <em>«Nous  ne pouvons pas satisfaire à votre demande puisque nous ne faisons  aucune publicité commerciale dans la presse française. Ni British  American Tobacco ni aucune de nos filiales ne saura être associée à cet  article&nbsp;&raquo;. </em>Le meilleur restait à venir : <em>« J’attire également  votre attention sur le fait que la loi Evin interdit en France toute  publicité à l’égard du tabac. En rédigeant un article sur les cigares  Dunhill, sachez que vous vous mettriez en infraction vis-à-vis de  celle-ci. Si vous deviez passer outre, notre entreprise ne pourra vous  être d’aucun soutien. »</em> Humour british ? Second degré bien rôdé ?  Entre mise en garde déplacée et jargon bureaucratique, on est loin de la  discussion courtoise entre amateurs de volutes. Mais reconnaissons que  l’assemblage est corsé. Reprenons calmement. British American Tobacco  (Lucky Strike, Pall Mall&#8230;) est propriétaire du nom Dunhill pour les  cigarettes et les cigares. Ceci figure en toutes lettres sur son site  Internet. Cette société réalise donc des profits en vendant ces  produits. Cependant, elle refuse de communiquer à ce sujet. Et se montre  plus que susceptible : de mauvaise foi et menaçante.</p>
<p>Pourquoi ?  Nous avons posé la question à Howard Smith. Retraité depuis 2009 après  34 ans passés chez Alfred Dunhill à Londres, il a fait ses armes comme  simple vendeur, puis a gravi les échelons pour gérer les stocks, la  distribution, diriger le musée et les archives Dunhill et enfin  s’asseoir dans le fauteuil de directeur marketing. Pour cet authentique  passionné de cigares et de pipes, l’extinction à petit feu des modules  Dunhill est une issue logique. <em>“Alfred Dunhill, au début du siècle  dernier, a commencé par vendre des accessoires pour motards et  automobilistes. De là est née son invention de la windshield pipe, qu’on  pouvait fumer le nez au vent. Son premier produit pour fumeurs”</em>.  Suivront bien d’autres pipes, les cigarettes et les cigares. Dès 1928,  la maison-mère, sur Duke Street, s’agrandit pour ouvrir un département  dédié à ces derniers. Les stocks des clients (dont Winston Churchill et  George VI) sont conservés à un taux d’hygrométrie constant. On affine  sur place durant douze mois minimum les <em>puros</em> importés de la  Havane. Les Don Candido, Flor Del Punto et Don Alfredo sont roulés en  exclusivité pour la maison. Les plus grandes marques cubaines  (Montecristo, Hoyo de Monterrey&#8230;) fournissent la crème de leur  production, adoubée par le sceau “Seleccion Suprema”. Un accord conclu  avec Cubatabaco en 1977 les rassemble sous un seul pavillon &#8211; Dunhill.  Les premiers modules, dont le mythique Estupendo (un churchill),  accostent en Europe en 1982. La qualité est au rendez-vous, les amateurs  aussi.</p>
<p>Mais deux facteurs vont précipiter leur règne.</p>
<p>Le premier coupable est cubain, selon Howard Smith. Son nom : Cohiba. <em>“Castro  n’a jamais supporté l’éventualité que des marques aussi qualitatives  que Dunhill et Davidoff fassent un jour de l’ombre aux labels cubains.  Il est évident que le lancement de Cohiba a mis un terme aux aventures  Dunhill et Davidoff ! Les contrats ont été annulés à cause de cela.</em>”  A compter de 1991, les délocalisations et les rachats achèvent de  déboussoler les fans de la marque anglaise. Davidoff, prévoyant, a  assuré ses arrières en finançant ses propres infrastructures en  République Dominicaine. Dunhill se replie sur le même terroir et  sous-traîte à la Tabacalera (tout en produisant en parallèle aux  Canaries et au Honduras- vous suivez ?). Doux et herbacé, l’assemblage  des Dunhill Dominican Aged Cigars n’a plus rien à voir avec la palette  aromatique épicée et gourmande de jadis. La marque est rachetée en 1999  par British American Tobacco. <em>“Ils ont appliqué à Dunhill les codes marketing de la cigarette”</em>, se souvient un ancien concurrent français. <em>“Présentoirs pour les débitants, packaging revisité et grands renforts de publicité.”</em> Mais la marque a déjà été vidée de sa substance. Elle n’est de toutes  manières pas une priorité pour le géant de la cigarette. Au siège  parisien de Swedish Match (Macanudo, Don Tomas&#8230;), François Sehpossian  souligne l’image brouillée pour le consommateur. Dunhill, c’est des  cigarettes ou des cigares ? Sehpossian sait de quoi il parle. Sa société  a tenté de lancer un cigare Benson &amp; Hedges, <em>“une déclinaison de la marque de cigarettes”</em>. Un flop commercial. <em>“Cela  marche dans le sens tenté par Davidoff : d’abord le cigare, puis la  cigarette dérivée. L’inverse n’a jamais fait ses preuves”</em>. En 2007,  la gamme Signed Range (chaque boîte est signée de la main du torcedor,  du contrôleur qualité, etc&#8230;) voit le jour. La distribution est confiée  à CAO et la fabrication à Carlos Torano. Depuis 2007, les Dunhill sont  manufacturés à Esteli, au Nicaragua. Fin du chapitre délocalisations.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le coup de grâce est porté par les lois anti-tabac. <em>“Marlboro  et sa ligne de vêtements, Benson &amp; Hedges ouvrant des coffee shops  aux couleurs de ses paquets de cigarettes&#8230; Le mélange des genres était  arrivé à son paroxysme”</em>, commente Howard Smith. Des décennies  durant, si la branche tabac Dunhill n’a jamais nui à la marque,  également connue pour ses costumes, pardessus et autres parapluies, il  n’en est plus de même en 2005. Cette année-là (la mort dans l’âme, on  l’imagine), Howard Smith adresse un courrier à ses plus fidèles clients.  <em>“La société Alfred Dunhill a décidé de cesser la vente de tout  tabac. Nos mélanges spéciaux pour la pipe seront cependant disponibles  dans nos boutiques jusqu’à épuisement des stocks”</em>. Chez les puristes du <em>white spot</em>,  le petit point blanc figurant sur chaque tuyau de pipe Dunhill, la  pilule a du mal à passer. D’autant que l’usine Murray à Belfast, où ces  mélanges étaient réalisés, ferme ses portes. Une page se tourne. Un  londonien très proche du milieu du cigare résume : <em>“La maison Alfred Dunhill s’est dotée d’un superbe temple au coeur de Londres </em>(une ancienne maison du Duc de Westminster, rénovée et ouverte en août 2008 ndlr)<em>.  Or, elle est bien embêtée : elle y dispose d’un vaste humidor fréquenté  par des amateurs de cigares qui viennent y fumer. Mais primo, elle n’a  plus le droit d’y vendre des vitoles Dunhill car British American  Tobacco ne les distribue plus en Europe et secundo, sa politique  actuelle, lois anti-tabac oblige, c’est de tourner le dos à son héritage  cigare pour éviter les ennuis”</em>.</p>
<p>Pour caresser le mythe, il  reste les ventes aux enchères. Chez Christie’s, le prix de la nostalgie  donne le vertige : une boîte de cinq Dunhill Havana Club Giants a été  adjugée en juin 2010 à 1550 livres. Un cabinet de 50 Dunhill Seleccion  Suprema Hoyo de Monterrey datant de 1966 s’est envolé à 4000 livres.</p>
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		<title>Chirac prié de l&#8217;écraser</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Sep 2009 15:35:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-106" title="BIO-CHIRAC-CIGARETTE" src="http://www.guillaume-tesson.com/wp-content/uploads/2009/09/Chirac.jpg" alt="BIO-CHIRAC-CIGARETTE" width="493" height="271" /></p>
<p>L&#8217;info a notamment été reprise et commentée par le site <a href="http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=5466">Arrêt sur images</a> : la publication des <em>Mémoires</em> de Jacques Chirac aux éditions NiL vont accuser un bon mois de retard. La faute à la cibiche trop voyante sur la photo initialement retenue pour la couverture (ci-dessus). On sait pourtant que Chirac a fumé jusqu&#8217;en 1988, mais l&#8217;homme s&#8217;est fait fort de déployer un Plan cancer lors de son second septennat à l&#8217;Elysée&#8230;</p>
<p><span id="more-105"></span></p>
<p>Donc ça la fout un peu mal, semble penser son entourage (qui lui a donc conseillé de gommer la brune, ou de faire changer la photo, on ne sait pas trop).</p>
<p>Bon, entre nous : normalement, dans ces colonnes, on s&#8217;en fiche un peu, que la bio de Chirac soit retardée. Ce qui nous chagrine, en revanche, c&#8217;est que si l&#8217;on ajoute cette &laquo;&nbsp;précaution&nbsp;&raquo; à l&#8217;affaire de la pipe de Jacques Tati, récemment gommée des affiches, les élans hygiénistes &#8211; qu&#8217;on ne discutera pas ici car <em>Fumer tue</em>, c&#8217;est d&#8217;ailleurs écrit sur les paquets de cigarettes et les belles boîtes de cigares en cèdre, nous sommes d&#8217;accord, hein ? &#8211; ont tendance, au-delà de leur intention préventive, à relire de plus en plus l&#8217;histoire, à réécrire la culture. Du coup, je ne suis plus très sûr, d&#8217;un seul coup&#8230; Winston Churchill a-t-il déjà touché à un Romeo Y Julieta ? Gainsbourg sortait-il sans ses Gitanes ? L&#8217;avenir nous le dira (ou pas).</p>
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