Je n’ai pas eu le loisir de goûter les cigares de la marque Independence. En revanche, en passant sur le blog d’Emery Doligé, j’ai pu constater que leurs éminences marketing avaient oublié de fumer la moquette. Témoin, cette vidéo faisant on ne peut plus corps avec son sujet. Le slogan ? « Roulés avec amour »… On regarde jusqu’au bout, bien sûr…
Demain, l’interview de Jean-Marie Gourio, des Brèves de comptoir
Laissez-moi le temps de pousser un peu les murs et de mettre quelques quilles au frais : demain, comme je vous l’avais promis le jour de l’ouverture du Chesterfield Project, Jean-Marie Gourio causera ici même de ses Nouvelles Brèves de comptoir, dont le deuxième tome est sorti la semaine dernière chez Robert Laffont.
Celui qui fut l’un des piliers de Hara-Kiri et de Charlie Hebdo, fondateur du potache Zéro, auteur pour Le Tribunal des flagrants délires, Merci Bernard et Palace répondra à des questions essentielles : comment cueillir une brève à maturité ? Où a-t-on le plus de chance d’en récolter ? Quel est l’impact de l’interdiction de fumer sur la qualité des brèves ? Faudra-t-il se ruer, dans trois semaines, sur le Beaujolais nouveau ? Comment faire la différence entre un bar populo et un bar de bourgeois ? Pourquoi les chômeurs au bistrot sont-ils utiles mais chiants ?
Bref, à demain.
Quand la manufacture de Nantes roulait des cigarillos
La moiteur caraïbe en moins, la Manufacture des tabacs de Nantes a longtemps brassé de la feuille. Cigarettes, cigarillos et tabac à pipe… Mon compère Stéphane Pajot de Presse-Océan s’en fait l’écho ce matin, dans un petit flash-back (il y glisse aussi un clin d’oeil adorable mais passons…). Il faudra d’ailleurs que je me penche dans ces colonnes sur le passé (et le présent !) tabacole made in France. Pour lire l’article de Presse-O, on peut cliquer ici. Puis retourner à son dimanche. Tranquillement.
En photo : ces dames de la manufacture, (c) Presse-Océan.
Mise à jour, 26/10/09 : le blog du nouvel opus de mister Pajot, c’est par là : http://nantesretrouvee.wordpress.com/
« Brushes », ou comment jouer du pinceau sur son iPhone
L’application Brushes pour iPhone réclame un peu d’attention. Cela tombe bien : cet après-midi, en attendant (longtemps) mon tour chez le coiffeur, je lui ai enfin consacré quelques dizaines de minutes. La chose se laisse apprivoiser… Les doigts glissent sur l’écran, on peut choisir ses couleurs, la largeur du trait. Et ça finit par donner quelque chose… en forme d’humeur du jour.
(c) Illustration : ma pomme !
Master class : Quand un parfumeur décrypte la fumée du cigare…
Il fallait absolument que je vous livre in extenso le compte-rendu d’une rencontre qui m’avait fasciné – et qui m’envoûte encore à chaque fois que je déguste un cigare. Il y a un peu plus d’un an, pour le magazine L’Amateur de Cigare, j’ai eu la chance d’enfermer dans la même pièce – avec leur bénédiction – deux esthètes (un parfumeur et une amoureuse des saveurs et des fragrances) autour de
trois cigares cubains : un Bolivar Belicosos Finos, un Juan Lopez obus Edition Régionale et le Hoyo de Monterrey Petit Robusto. Mes deux « victimes » consentantes ? La normalienne et écrivain Ingrid Astier et le « nez » de la maison Jean Patou depuis 1997, Jean-Michel Duriez. La première a dressé le portrait du second dans Cuisine inspirée, l’audace française (1). Un ouvrage où Pierre Richard, Pierre Hermé, Michel Bras, Alain Passard ou encore Bartabas (parmi 25 invités) confessent par le menu leur rapport à la gourmandise. A travers leurs confidences se dessine une carte du goût inédite, sillonnée par un animal exotique : le Français. Liés par une connivence hédoniste – lorsqu’ils dînent ensemble, il prépare un gâteau, elle « répond » par une glace à la vanille – ces deux là avaient obligatoirement des choses à dire en présence de quelques beaux modules. Voici l’intégralité de ce qui s’est dit cet après-midi là…
Jacques Dutronc, affaire non classée
C’était dans une autre vie, sur un autre blog. J’avais raconté ma rencontre éclair avec Dutronc. Tremblant de stress, j’avais tenté en deux minutes chrono – et en vain – de décrocher une interview de l’animal. Pourquoi rediffuser ce billet ? Parce qu’à l’aube de sa nouvelle tournée, je n’ai toujours pas baissé les bras. Et je rêve de faire mentir le gentleman smoker, qui a pour habitude de dire : « Les cigares, j’en parle pas. Je les fume ». Allez, pour la route, je vous raconte à nouveau ce 23 janvier 2008…
Cette fantaisie-là, c’est une exclu rien que pour vous. Elle me vient de Colin Field, le bartender du Bar Hemingway, du Ritz Paris. Avant l’interdiction totale de fumer dans les lieux publics (qui frappa après un an de sursis les bars d’hôtels le 1er janvier 2008), Colin dégustait à chaque fin de service un bon cigare, souvent en disputant une partie d’échecs avec son second, Mr Burgos. La prohibition anti-volutes le laissa meurtri, mais il n’en montra rien. Ou si peu. Never complain, never explain. Il a fini par racheter à ses propres frais, un à un, les cigares de la cave noire laquée du Bar Hemingway. On le sait peu mais en fin d’année, Colin Field allait jusqu’à réserver un frisson exotique et excentrique – so british – à ses seuls clients : un cigare de Noël home made aromatisé par ses soins. Façon pudding… Vous voulez la recette ?
Pourquoi continuer à entrer dans les bars, bientôt 30 ans après les premières brèves ?
Après une longue abstinence (sept ans, le temps de revenir au roman : Apnée, Alice dans les livres), Jean-Marie Gourio a repris du service pour rassembler une nouvelle moisson de brèves de comptoir, ces petits riens qui résument tout, sentences et réparties anonymes saupoudrées sur le zinc au dessus d’un demi ou d’un crème. Le deuxième opus de ses Nouvelles brèves de comptoir vient de sortir chez Robert Laffont. Amuse-gueules : « Visiter le Louvre, t’as le temps de rien voir tellement y’a de tableaux, c’est une arnaque ». « Quand je lis l’horoscope, je triche sur mon signe, de toute façon, personne vérifie ». « Les handicapés ils veulent faire du sport, ils veulent travailler… Ils veulent faire tout ce que nous on fait pas »… Et ainsi de suite.